Deuxième partie,
Les sources d’enrichissement du vocabulaire français.
Thème I.
L’évolution sémantique des mots.
Plan.
1. Remarques préliminaires.
2. La polysémie et la monosémie des mots.
3. Les causes de l’évolution sémantique.
4. Différents types du changement du sens des mots.
1. Etant un phénomène sosial, la langue et son vocabulaire se modifie, se perfectionne en fonction du développement de la société à laquelle elle appartient. Les principales sources de l’enrichissement du vocabulaire sont : 1) l’évolution sémantique des vocables (mots et locutions), 2) la formations de vocables nouveaux, 3) les emprunts. Deux premières se rapportent aux sources dites «internes», la dernière est une source externe.
2. L’évolution sémantique est une des sources les plus importantes de l’enrichissement du vocabulaire. Dans ce cas les mots nouveaux n’apparaissent pas, mais les mots qui existent déjà dans une langue recoivent un ou des sens nouveaux, le mot devient polysémique.
La polysémie est une des caractéristiques les plus importantes du mot. Dans un mot polysémique toutes ses acceptions doivent être unies par un ou des sèmes communs (canard, bouton, bourse). Sitôt que les liens sémantiques qui unissaient les significations d’un vocable se rompent, nous assistons à l’homonymie qui est la limite sémantique d’un mot.
A la suite de son évolution historique le mot développe son système de sens, il s’enrichit d’acceptions nouvelles.
On distingue différents types de sens.
Sur la plan diachronique le mot possède un sens propre et des sens dérivés.
Sur la plan synchronique on distingue le sens principal et les sens secondaires.
Sur la plan combinatoire le mot peut avoir les sens phraséologiquement liés et syntaxiquement déterminés.
3. Il faut distinguer les causes extralinguistiques et les causes intralinguistiques de l’évolution sémantique des mots.
Les causes extralinguistiques résident dans le développement de la vie sociale, économique et culturelle du peuple (gréve, maquis).
Les causes intralinguistiques : la ressemblance phonique des mots (miniature, avatar) ; le facteur étymologique (doublets)
4. L’évolution sémantique présente quelques types différents :
§ la restriction du sens, la spécialisation des sens généraux (échafaud : sens d’autrefois – estrade pour spectacles, sens d’aujourd’hui – estrade pour supplices):
§ l’extension du sens, la généralisation des sens spéciaux (panier : sens d’autrefois – corbeille pour pain, sens d’aujourd’hui – n’inporte quelle corbeille) ;
§ la métaphore transporte le nom d’un objet à un autre grâce à la ressemblance de ces deux objets. Deux types de métaphore : usuelle (nez d’un navire) et stylistique (torrent d’éloquence) ;
§ la métonymie transporte le nom d’un objet à un grâce à leur contiguité. On distingue plusieurs espèces de métonymie, dont la synecdoque (Chaperon rouge) et l’antonomase (un tartuffe, le roi Solul) ;
§ la dégradation du sens (palabre : sens d’autrefois : parole, sens d’aujourd’hui –discours long et ennuyeux) ;
§ l’ennoblissement du sens (bagnole : sens d’autrefois: vieille voiture, sens d’aujourd’hui - automobile) ;
§ l’affaiblissement du sens (hyperbole) et l’intensification du sens (litote) ;
§ l’euphémisme, le remplacement d’un mot grossier par un autre à signification neutre. Deux types d’ euphémisme ; 1) euph. de supertition (mourir > s’en aller, n’être plus là etc.) ; 2) euph. de politesse et de décence (mentir > déformer la vérité).
Thème II.
La formation des mots en français moderne.
Plan.
1. La théorie de la formation des mots, ses notions essentielles.
2. La classification des procédés de la formation des mots.
3. La caractéristique des dèfférents procédés dérivationnels.
4. La formation des groupements phraséologiques.
1. La théorie de la formation des mots opère avec ses notions et ses unités de base.
Le morphème. C’est l’unité significative minimale de la langue. Types de morphème : radicaux, affixes, flexions.
Les morphèmes dérivationnels: radicaux, affixes.
La base de formation, l’élément formatif.
Deux types d’analyse des mots: l’analyse morphologique dont le but est de délimite le mot en morphèmes en établissant sa structure morphologique (dé-nation-al-iser) et l’analyse dérivationnelle établissant la structure dérivationnelle du mot qui est généralement binaire : base de formation + élément formatif (dé+ nationaliser), à l’exception des formations parasynthétiques (en+col+ure).
Selon leur structure dérivationnelle les mots peuvent être de quatre types: mots simples (anomal), mots dérivés (préposer), mots composés (agriculture), mots composés dérivés (basse-courier).
Le modèle de formation (modele dérivationnel – M. D.) est un schéma d’après lequuel on forme les mots nouveaux qui possèdent une valeur catégorielle très générale.
M. D.: base verbale + - eur = noms d’agent : chanteur, danseur, masseur etc.
M. D.: base verbale + - age + noms d’action : lavage, balayage etc.
M. D.: base adjectivale + -ité = noms de qualité : vulgarité, sportivité etc.
Les M. D. peuvent être productifs et non - productifs.
Le système dérivationnel d’une langue c’est l’ensemble des modèles vivants, productifs de la formation des nouveaux dans une période donnée.
La simplification est le résultat de l’évolution de la structure morphologique du mot qui consiste en effacement des limites entre les morphèmes, à la suite duquel un mot dérivé ou composé passe dans la catégorie d’un mot simple. Deux causes de simplification : 1) Le lien sémantique avec le mot primitif n’est plus ressenti (dentelle)
2) Le mot primitif n’existe plus (ouvrier).
2. On distingue les types suivants de la formation des mots :
1) type morphologique : dérivation affixale, parasynthétique, régressive ;
2) type syntaxico - morphologique : composition ;
3) type sémantico – morphologique : dérivation impropre ;
4) type phonético – morphologique : abréviation, onomatopée ;
5) type sémantique : formation des homonymes sémantique.
3. La dérivation par suffixes.
La dérivation suffixale est un procédé de formation bien vivant et productif dans le français contemporain, ce qui est démontré avec évidence par J. Dubois dans son ouvrage «Etude sur la dérivation suffixale en français moderne et contemporain». On forme par ce procédé différentes parties du disours : substantifs abstraits dé signant l’action (former > form+ action, affaiblir> affaibliss + ement, aborder > abord + age), la qualité (vulgaire > vulgar + ité, clair > clar+ lé) ; substantifs concrets (humain > human + iste, Marseille > Marseill + ais, Chine > Chin + ois) ; adjectifs, adverbes, verbes.
La dérivation par préfixes.
Problème de délimitation des mots préfixes et des mots composés.
Tout les préfixes remontent aux mots autonomes. Certains préfixes gardent leur autonomie jusqu’à nos jours (en-, contre-, sous-, etc.). Tout mot autonome peut devenir préfixe s’il commence à exprimer un sens plus générale, abstrait et s’il participe à la formation de plusieurs mot nouveaux (maladroit, malpropre, malhonnête).
Les formations préfixales sont nombreuses parmi les verbes, substantifs et adjectifs.
Quant à la préfixation des verbes, il est important de relever les préfixes homonymes. Cf. : apporter (ap+porter) – affoler (af+fol+er).
A la formation des substantifs et adjectifs prennent part les préfixes de quelques types sémantiques :
1) préfixes négatifs : déplumer, nonchalence, sous-estimer ;
2) préfixes au sens local : interdental, sous-marin, subalpin, transporter ;
3) préfixes au sens temporel : préclassique, post-opératiore, interclasse ;
4) préfixes quantitatifs : unilingue, polyvalent, multicolore ;
5) préfixes augmentatifs et diminutifs : mini-jupe, microclimat ;
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